La souffrance liée à la solitude

« Bonjour,

Je suis un jeune homme de 26 ans et c’est le désert sentimental et sexuel dans ma vie, chose qui a failli me pousser plusieurs fois au suicide.(…) Je ne me nourris plus et je dors très mal, avec la peur qu’il en soit ainsi toute ma vie. Je souffre énormément. Je vous implore 5 minutes de votre temps afin d’avoir, ne serait-ce, qu’un avis de votre part.

Cordialement, A. »

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Bonjour A,

Si tu reviens vers moi, la moindre des choses que je puisse faire c’est d’être honnête avec toi. Je ne vais pas pouvoir te dire ce que tu veux entendre, mais seulement ce qui doit être entendu.

Ce désert sentimental et sexuel dont tu souffres, je peux très bien le concevoir. Loin de moi l’idée de nier la souffrance que cela peut engendrer chez toi, mais il faut que tu regardes plus loin. Il faut que tu puisses mettre cette souffrance de côté pendant un instant, histoire d’être lucide et clair. Car sans quoi, tu ne vas pouvoir regarder la situation qu’à travers tes émotions et il n’y aura aucune clarté là-dedans.

Je te demande donc de commencer par prendre un peu de recul en dédramatisant la situation, en relativisant ce qui est. Je te répète qu’il ne s’agit pas de nier ta souffrance ou ton problème, mais simplement de le mettre de côté une seconde pour pouvoir le regarder clairement, d’accord ?

Allons-y…

Tu n’as QUE 26 ans ! Ce n’est pas grave de ne pas être en relation ! Ta vie est loin, très loin d’être finie et tu as encore bien le temps de rencontrer quelqu’un, donc, stp, pose ce problème un instant. Si pour le moment tu es seul, c’est que pour le moment, pour toi, c’est mieux ainsi et c’est cela qu’il faut regarder. Non pas le regarder pour pouvoir résoudre ce que tu considères comme un problème, non, mais le regarder tout à fait sagement, pour le comprendre vraiment.

Tu dis que cette souffrance est telle pour toi que tu as déjà pensé au suicide plusieurs fois. J’imagine donc à quel point la blessure est profonde. Mais quelle est cette blessure, qu’est ce qui te fait tant souffrir ? Nous devons regarder le problème attentivement et en profondeur, sinon, il ne sera jamais résolu. Tu t’imagines bien que même si tu pouvais rencontrer quelqu’un maintenant, le problème ne disparaîtra pas pour autant. Il sera mis à l’arrière-plan pour un temps, mais à la moindre dispute, à la moindre séparation ou trahison la souffrance reviendrai de plus belle, et rien ni personne ne pourrait te protéger de ces événements. Tu vas rencontrer ce type d’expériences dans ta vie plus d’une fois, tu sais, et la souffrance reviendra et les pensées de suicide peut-être aussi.

Donc comment fait-on si ce n’est en regardant profondément cette souffrance en face ?

Aujourd’hui, le problème c’est le célibat ; dans un mois, ça sera peut-être les disputes au sein du couple, l’année prochaine le manque de libido de ta conjointe… Les problèmes risquent de ne jamais s’arrêter !

Si tu veux que le vrai problème s’arrête il faut commencer par regarder au bon endroit.

Sois honnête et regarde…

Ce que tu veux réellement ce n’est pas une relation, ce que tu veux c’est que ta souffrance s’arrête !

C’est la solitude qui crée cette souffrance. C’est ce sentiment de vide qui te fait mal et tu crois pouvoir l’arrêter en la remplissant avec quelqu’un. Mais qui te dit que tu ne continueras pas à te sentir seul même en étant accompagné ? Est-ce qu’il ne serait pas préférable de guérir cette souffrance liée à ce sentiment de solitude plutôt que de vouloir le remplir à tout prix ?

En plus, dis-moi, quel genre de couple tu vas bien pouvoir former sur base de cette peur ? Tu voudrais, toi, être avec quelqu’un qui a juste peur de la solitude ? Quel genre de réel amour tu vas bien pouvoir apporter à quelqu’un si l’autre n’est considéré que comme « remplissage », que comme moyen de ne plus souffrir ? Toi et l’autre méritez bien mieux que ça !

Tu es seul aujourd’hui afin que tu puisses réellement rencontrer ta blessure, afin que tu puisses rester face à face avec elle, et c’est d’ailleurs ce qui arrive tout doucement à travers ce que tu vis pour le moment. Je t’encourage donc à rester avec cette souffrance, avec cette solitude, avec ce vide intérieur qui te fait si peur, car au creux de ce vide, je te garantis que la souffrance n’existe pas ! Mais il va falloir que tu t’y rendes toi-même et que tu le découvres par toi-même, sans tenter de le fuir avec quelqu’un ou à travers le suicide.

Quand tu pourras rester seul, sans avoir peur de cette solitude, sans la refuser ; quand tu pourras la reconnaître comme n’étant rien d’autre qu’une part de toi paisible et complète comme elle est, alors tu n’auras jamais plus « besoin » d’être accompagné. Et parce que tu n’en auras pas besoin, si un jour tu rencontres quelqu’un, tu pourras l’aimer de tout ton cœur et partager quelque chose d’unique avec cette personne.

Si tu veux et si tu sens que tu en as besoin, saches que je propose des accompagnements qui vont dans ce sens…

De tout cœur avec toi.

Caroline Blanco